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Accueil d’un stagiaire en entreprise : quelles obligations en 2026 ?

L’accueil d’un stagiaire en entreprise constitue une opportunité pour transmettre des compétences, accompagner un étudiant dans son parcours professionnel et lui faire découvrir les réalités du monde du travail. Pour les TPE, PME et grandes entreprises, cette démarche implique toutefois le respect d’un cadre réglementaire précis.

Convention de stage, durée maximale, gratification obligatoire, nombre de stagiaires autorisés ou encore droits sociaux : les employeurs doivent connaître leurs obligations avant d’intégrer un stagiaire à leurs équipes.

Voici les principales règles applicables en 2026.

Accueil d’un stagiaire en entreprise : quel cadre légal ?

Un stage correspond à une période temporaire de mise en situation professionnelle intégrée à un cursus scolaire ou universitaire.

Son objectif est de permettre à l’étudiant de développer des compétences, de mettre en pratique les connaissances acquises pendant sa formation et de préparer son insertion professionnelle.

L’entreprise ne peut donc pas accueillir un stagiaire simplement pour répondre à un besoin de main-d’œuvre.

Le stage doit s’inscrire dans un cursus pédagogique comprenant au minimum 200 heures d’enseignement par année, dont 50 heures dispensées en présence des étudiants.

Chaque stagiaire bénéficie également d’un double accompagnement : un enseignant référent désigné par l’établissement et un tuteur au sein de l’entreprise.

La convention de stage est-elle obligatoire ?

La convention de stage constitue un document indispensable pour accueillir un étudiant dans le cadre d’un stage conventionné.

Elle doit être signée par l’établissement d’enseignement, l’organisme d’accueil et le stagiaire.

Ce document précise notamment :

  • Les dates de début et de fin du stage.

  • Les missions confiées et les compétences à acquérir.

  • L’identité du tuteur et de l’enseignant référent.

  • La durée hebdomadaire de présence.

  • Les conditions d’absence et de congés.

  • Le montant de la gratification éventuelle.

  • Les avantages accordés au stagiaire.

  • Les modalités de protection sociale.

Cette convention permet de formaliser les engagements des différentes parties et de sécuriser le déroulement du stage.

Certaines périodes d’observation scolaire, notamment les stages de découverte de troisième, relèvent de dispositions spécifiques.

Quelles missions peut-on confier à un stagiaire ?

Les activités proposées doivent obligatoirement présenter un intérêt pédagogique et correspondre au parcours de formation de l’étudiant.

Un stagiaire ne peut pas être utilisé pour remplacer un salarié absent ou occuper durablement un poste de travail.

Il est également interdit de recourir à un stagiaire pour faire face à un accroissement temporaire d’activité ou pour occuper un emploi saisonnier.

Enfin, les missions confiées ne doivent pas présenter de danger pour sa santé ou sa sécurité.

L’entreprise doit donc préparer un programme de missions cohérent, permettant une progression des compétences tout au long du stage.

Combien de stagiaires une entreprise peut-elle accueillir ?

Le nombre de stagiaires pouvant être présents simultanément dépend de l’effectif de l’entreprise.

Pour les structures de moins de 20 salariés, le plafond est fixé à trois stagiaires accueillis en même temps.

Pour les entreprises comptant 20 salariés ou plus, le nombre de stagiaires ne peut pas dépasser 15 % de l’effectif, sous réserve des règles de calcul et dérogations applicables.

Un délai de carence doit également être respecté entre deux stages successifs sur un même poste.

Ce délai correspond au tiers de la durée du stage précédent. Ainsi, après un stage de trois mois, l’entreprise doit normalement attendre un mois avant d’accueillir un nouveau stagiaire sur le même poste.

Quelle est la durée maximale d’un stage ?

La durée maximale est fixée à six mois par organisme d’accueil et par année d’enseignement.

Cette limite correspond à 924 heures de présence effective.

Pour effectuer le calcul réglementaire :

  • Sept heures de présence correspondent à une journée.

  • Vingt-deux journées correspondent à un mois.

  • Six mois correspondent à 924 heures.

La durée hebdomadaire de présence est généralement limitée à 35 heures, sauf exceptions prévues par la réglementation.

L’employeur doit également respecter les dispositions applicables concernant les temps de repos et les absences.

Gratification de stage : quel montant en 2026 ?

La gratification d’un stagiaire devient obligatoire lorsque la durée du stage dépasse deux mois consécutifs ou, en cas de présence discontinue, à partir de la 309e heure.

Depuis le 1er janvier 2026, le montant minimal légal est fixé à 4,50 euros par heure de présence effective, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale.

Pour un stagiaire présent 154 heures sur un mois, la gratification minimale représente donc :

154 heures × 4,50 € = 693 €

Ce montant peut être supérieur lorsqu’une convention collective ou un accord applicable prévoit des dispositions plus favorables.

Pour les stages d’une durée inférieure ou égale à deux mois, le versement d’une gratification reste facultatif, sauf disposition particulière.

Lorsque le stage dépasse le seuil réglementaire, la gratification est due dès le premier jour et versée mensuellement.

Quelles cotisations sociales sur la gratification ?

La gratification minimale bénéficie d’un régime social spécifique.

Lorsque le montant versé ne dépasse pas le seuil légal de 4,50 euros par heure en 2026, il est en principe exonéré de cotisations et contributions sociales, selon les règles applicables.

Une couverture spécifique doit néanmoins être assurée concernant les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Lorsque l’entreprise verse une gratification supérieure au minimum légal, la fraction excédentaire est soumise aux cotisations sociales correspondantes.

Il est donc important de distinguer le montant minimal obligatoire des éventuels compléments accordés par l’employeur.

Quels sont les droits du stagiaire dans l’entreprise ?

Même s’il ne bénéficie pas du statut de salarié, le stagiaire dispose de plusieurs droits pendant sa période d’accueil.

Il peut notamment accéder au restaurant d’entreprise ou bénéficier de titres-restaurant dans les mêmes conditions que les salariés.

Il bénéficie également de l’accès aux activités sociales et culturelles du comité social et économique (CSE), lorsqu’elles existent.

L’employeur doit aussi participer aux frais d’abonnement aux transports publics utilisés pour les déplacements entre le domicile et le lieu de stage, conformément aux règles applicables.

Ces remboursements et avantages ne doivent pas être déduits de la gratification minimale obligatoire.

Le stagiaire doit-il figurer dans le registre du personnel ?

Le stagiaire n’étant pas salarié de l’entreprise, l’employeur n’a pas à effectuer de déclaration préalable à l’embauche auprès de l’Urssaf.

En revanche, son identité doit être mentionnée dans une partie spécifique du registre unique du personnel.

Les stagiaires doivent être inscrits selon leur ordre d’arrivée dans l’établissement.

Cette formalité contribue à assurer la traçabilité des périodes de stage et le respect des obligations réglementaires.

Congés et absences : quelles obligations ?

Pour les stages d’une durée supérieure à deux mois, la convention doit prévoir la possibilité de prendre des congés et de bénéficier d’autorisations d’absence.

Les conditions pratiques sont définies dans la convention.

Des dispositions particulières s’appliquent également en cas de grossesse, de paternité ou d’adoption.

Pour les stages d’une durée inférieure ou égale à deux mois, l’octroi de congés n’est pas obligatoire, sauf disposition plus favorable.

Quelles formalités à la fin du stage ?

À l’issue du stage, l’entreprise doit remettre une attestation de stage à l’étudiant.

Ce document précise notamment la durée effective de présence et, le cas échéant, le montant total de la gratification versée.

L’entreprise peut également organiser un entretien de bilan afin d’évaluer les compétences acquises et les progrès réalisés.

Si le stagiaire est ensuite recruté, la durée de son stage peut, sous certaines conditions, être prise en compte dans le calcul de son ancienneté ou permettre une réduction de sa période d’essai.

Quelles sanctions en cas de non-respect des obligations ?

Le non-respect de certaines règles encadrant les stages peut entraîner des sanctions administratives.

L’employeur s’expose notamment à une amende pouvant atteindre 2 000 euros par stagiaire concerné.

En cas de nouvelle infraction dans l’année suivant une première sanction, ce montant peut atteindre 4 000 euros par stagiaire.

Ces sanctions rappellent l’importance de respecter le caractère pédagogique du stage et les obligations relatives à son encadrement.

Accueillir un stagiaire : une démarche à préparer

L’accueil d’un stagiaire en entreprise ne se limite pas à la signature d’une convention. Il nécessite une organisation adaptée, un accompagnement régulier et le respect des dispositions légales.

Pour les dirigeants de TPE et PME, les principaux points de vigilance concernent la durée du stage, le versement de la gratification, les missions confiées et les droits accordés au stagiaire.

En préparant correctement son arrivée et en désignant un tuteur disponible, l’entreprise favorise une expérience constructive pour l’étudiant tout en sécurisant ses pratiques.


Source : Ministère de l’Économie et des Finances — Bercy Infos Entreprises, « Accueil d’un stagiaire : quelles sont vos obligations ? », publié le 10 septembre 2026. https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-ses-ressources-humaines-et-ses-salaries/accueil-dun-stagiaire-quelles-sont-vos-obligations

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