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Courriel commercial : quelles obligations pour les entreprises en 2026 ?

Le courriel commercial est devenu un outil incontournable pour prospecter de nouveaux clients, fidéliser sa clientèle ou promouvoir une offre. Newsletter, emailing, publicité ou relance commerciale : les entreprises disposent de nombreuses possibilités pour communiquer par voie électronique. Mais cette pratique est encadrée par des règles précises.

Consentement préalable, possibilité de se désabonner, respect du RGPD ou encore utilisation des pixels de suivi : avant d’envoyer une campagne de prospection, il est indispensable de connaître les obligations applicables en 2026.

Courriel commercial : le consentement est la règle

Lorsqu’une entreprise souhaite envoyer un courriel commercial à un particulier, elle doit en principe avoir préalablement obtenu son consentement.

Celui-ci doit être donné de manière libre, spécifique, éclairée et explicite.

Concrètement, lorsqu’une adresse électronique est collectée par l’intermédiaire d’un formulaire, l’internaute peut par exemple cocher une case autorisant l’entreprise à lui adresser des communications commerciales.

Attention : cette case ne doit pas être pré-cochée.

L’entreprise doit être capable de démontrer que la personne a effectivement accepté de recevoir les communications concernées.

Accepter les CGV ne suffit pas

Une erreur fréquente consiste à considérer que l’acceptation des conditions générales de vente autorise automatiquement l’envoi de messages publicitaires.

Ce n’est pas le cas.

L’acceptation des CGV ne constitue pas, à elle seule, un consentement valable à la prospection commerciale.

L’entreprise doit donc distinguer clairement l’acceptation des conditions nécessaires à la vente et l’autorisation donnée pour recevoir des communications commerciales.

Certaines situations permettent de prospecter sans consentement

Le consentement préalable n’est cependant pas systématiquement obligatoire.

Une entreprise peut notamment envoyer un courriel commercial à une personne qui est déjà cliente, lorsque la prospection concerne des produits ou services similaires à ceux qu’elle a précédemment achetés auprès de la même entreprise.

Une autre exception concerne certaines communications entre professionnels.

Le ministère précise notamment qu’un courriel peut être adressé à une adresse professionnelle générique, telle que « contact@… » ou « info@… », sans consentement préalable.

Dans le cadre d’une prospection entre professionnels, les règles reposent notamment sur le droit d’opposition du destinataire.

L’expéditeur doit clairement s’identifier

Chaque courriel commercial doit permettre au destinataire d’identifier clairement l’entreprise qui lui adresse le message.

Une entreprise ne doit donc pas masquer son identité ou utiliser une présentation susceptible d’induire le destinataire en erreur.

Cette transparence participe à la confiance nécessaire entre l’entreprise et ses prospects.

Elle permet également au destinataire de savoir précisément quelle organisation utilise son adresse électronique à des fins commerciales.

Le désabonnement doit être simple et gratuit

Tous les courriels commerciaux doivent permettre au destinataire de s’opposer facilement à de nouvelles sollicitations.

L’entreprise doit donc prévoir un mécanisme simple et gratuit de désinscription.

Dans la pratique, il s’agit généralement d’un lien de désabonnement placé en bas du courriel.

Le destinataire doit pouvoir exercer son droit sans avoir à effectuer une procédure complexe.

Lorsqu’une personne demande à ne plus recevoir de communications commerciales, l’entreprise doit prendre en compte cette opposition.

Quelles règles pour constituer un fichier d’adresses e-mail ?

Les obligations commencent avant même l’envoi du premier courriel commercial.

Lorsqu’une entreprise collecte elle-même des adresses électroniques, par exemple grâce à un formulaire disponible sur son site Internet, elle doit clairement informer les internautes de l’utilisation qui sera faite de leurs données.

Si l’adresse doit être utilisée pour de la prospection nécessitant un consentement, celui-ci doit être recueilli dans les conditions réglementaires.

L’entreprise doit donc être particulièrement attentive à la rédaction de ses formulaires d’inscription.

Peut-on acheter un fichier d’adresses e-mail ?

L’achat ou la location d’un fichier de prospects ne dispense pas l’entreprise de ses responsabilités.

Lorsqu’elle fait appel à un prestataire, l’entreprise doit s’assurer contractuellement que les adresses électroniques ont été collectées conformément à la réglementation.

Acheter une base d’adresses ne signifie donc pas que toutes les personnes présentes dans le fichier peuvent automatiquement être démarchées.

Avant d’utiliser un fichier externe, il est indispensable d’en vérifier l’origine, les modalités de collecte et les autorisations obtenues.

Courriel commercial et RGPD : quelles obligations ?

Les adresses électroniques permettant d’identifier une personne constituent des données personnelles.

Leur collecte et leur utilisation doivent donc respecter le Règlement général sur la protection des données (RGPD).

Les personnes concernées disposent notamment :

  • d’un droit d’accès à leurs données ;

  • d’un droit de rectification ;

  • d’un droit d’effacement ;

  • d’un droit à la portabilité de leurs données.

L’entreprise doit être capable de répondre aux demandes formulées par les personnes concernées et d’assurer une gestion conforme des informations qu’elle collecte.

Pixels de suivi : une nouvelle vigilance en 2026

Les entreprises utilisant des solutions d’emailing doivent désormais porter une attention particulière aux pixels de suivi.

Ces éléments invisibles intégrés dans certains courriels permettent notamment de déterminer si un message a été ouvert et de transmettre certaines informations à l’expéditeur ou à son prestataire.

En avril 2026, la CNIL a publié de nouvelles recommandations concernant leur utilisation.

De manière générale, l’utilisation de pixels de suivi nécessite un consentement préalable, libre, spécifique, éclairé et univoque du destinataire.

Que recommande la CNIL aux entreprises ?

La CNIL recommande aux entreprises utilisant une solution d’emailing d’effectuer plusieurs vérifications.

Elles doivent notamment :

  • identifier les pixels présents dans leurs courriels ;

  • déterminer lesquels nécessitent un consentement ;

  • vérifier les paramètres de leur plateforme d’emailing ;

  • adapter leurs formulaires d’inscription ;

  • conserver la preuve du consentement lorsqu’il est obligatoire.

Cette dernière obligation est particulièrement importante : l’entreprise doit être capable de démontrer à tout moment que le consentement requis a bien été obtenu.

Courriel et téléphone : des règles désormais différentes

Depuis le 11 août 2026, les règles relatives au démarchage téléphonique ont également fortement évolué.

Le démarchage téléphonique des consommateurs est désormais interdit dans tous les secteurs, sauf notamment lorsque le consommateur a préalablement donné son consentement clair ou lorsque l’appel concerne un contrat en cours.

Cette évolution renforce l’intérêt du courriel commercial comme canal de prospection, mais elle ne dispense évidemment pas les entreprises de respecter les règles spécifiques à l’emailing.

Comment sécuriser ses campagnes d’emailing ?

Avant de lancer une campagne de prospection, une entreprise a donc intérêt à réaliser un audit rapide de ses pratiques.

Il convient notamment de vérifier l’origine des adresses utilisées, les preuves de consentement disponibles, les mentions présentes dans les formulaires, le fonctionnement du lien de désabonnement et les paramètres de suivi activés dans la plateforme d’emailing.

Les entreprises utilisant des outils automatisés doivent également contrôler précisément les fonctionnalités activées par défaut.

Cette vigilance est particulièrement importante pour les TPE et PME qui utilisent des solutions d’emailing pour développer leur prospection commerciale.

Courriel commercial : conformité et prospection doivent aller de pair

Le courriel commercial reste en 2026 un canal efficace pour développer son activité, mais son utilisation doit respecter un cadre réglementaire précis.

Le consentement constitue la règle pour la prospection auprès des particuliers, avec plusieurs exceptions prévues par la réglementation. L’identification de l’expéditeur et la possibilité de se désabonner facilement restent également incontournables.

Les nouvelles recommandations concernant les pixels de suivi ajoutent désormais un point de vigilance supplémentaire.

Pour les entreprises, l’enjeu consiste donc à concilier performance commerciale et conformité : disposer de fichiers correctement constitués, respecter les droits des destinataires et paramétrer correctement les outils d’emailing permet de sécuriser durablement sa stratégie de prospection.

Source : Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique – « Entreprises, quelles sont vos obligations en matière de courriel commercial ? », publié le 8 septembre 2026.

Lien : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/developper-son-entreprise/innover-et-numeriser-son-entreprise/entreprises-quelles-sont-vos-obligations-en-matiere-de-courriel-commercial

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